Nikko

Le 5 août 2010

 Aujourd’hui, c’est la première fois que je quitte Tokyo pour m’enfoncer un peu dans le pays, objectif Nikko.

Le Shinkansen quitte la très grande ville pour parcourir la plaine du Kanto au Nord de la capitale. Bien vite le train file à grande vitesse dans un paysage urbanisé et densément peuplé entrecoupé de vastes rizières délimitées par des digues. Mais déjà il faut le quitter pour un petit omnibus de montagne qui roule plus paisiblement laissant défiler un paysage de forêts et de lacs bordés parfois de très vieux volcans endormis depuis bien longtemps, mais dont les Japonais savent se méfier tout de même. Pour eux, chacun est une divinité qu’il faut respecter en lui consacrant un petit temple et des offrandes journalières.

Les zones montagneuses sont assez souvent couvertes d’une brume légère due à la grande humidité de l’air en été, et qui produit une lumière un peu métallique qui renforce beaucoup les contrastes.

Un ancien proverbe japonais très connu ici dit : « Il ne faut jamais dire kekko (merveilleux) avant d’avoir vu Nikko. Et bien, malgré la lumière, le proverbe semble mentir, car cette station à 700 mètres d’altitude offre le spectacle d’une urbanisation très dépareillée et non maîtrisée, tissée d’une grande toile de fils électriques et qui tranche beaucoup avec la beauté entre-aperçue des forêts.

Je poursuis le chemin en marchant jusqu’à la sortie de la petite ville, et là le grand spectacle commence avec le pont sacré Shinkyo, construit en 1636, qui enjambe, comme le font tous les ponts en montagne, un torrent. La légende dit qu’il est là pour se rappeler de l’exploit du prêtre Shodo qui a traversé la rivière debout sur le dos de deux serpents qui lui firent une passerelle de fortune, lui montrant ainsi le début du sanctuaire sacré.

Les différents temples de Nikko, et il y en a beaucoup, forment un très vaste complexe sacré caché sous des séquoias plusieurs fois centenaires et même millénaires pour certains. On est là face à des cathédrales de bois construites dans une cathédrale de verdure. Ici plus qu’ailleurs, on comprend le mariage intime entre la religion et la Nature au Japon.

Le style contraste beaucoup avec le dépouillement et la simplicité des traits du zen, mais il produit sur moi, comme sur les nombreux visiteurs qui ne font pas de bruit, une impression de recueillement, de profondeur qui est ponctuée de temps à autres par le son d’une cloche bouddhiste ou de la lente mélopée de prière des prêtres et prêtresses.

De tous, c’est le sanctuaire Toshogu construit par les meilleurs ouvriers du Japon de cette époque pour le dieu vivant, le premier shogun de la dynastie des Tokugawa, qui est le plus majestueux.

A la fin de cette journée, je retourne dans l’omnibus qui me ramène vers la grande ville, mais l’ambiance est différente, plus calme, nous sommes encore tous sous le charme de ce que nous avons vécu.

 Laurent San, celui qui voit des cathédrales là où il n’y a que des arbres.

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