Nara

Le 14 août 2010

Aujourd’hui, je pars pour Nara, une petite ville de l’arrière pays de Kyoto. Ce n’est pas la Nara historique au passé prestigieux que je viens chercher ici. Bien sûr, elle fut la capitale du Japon avant même Kyoto, et abrite un grand nombre de trésors d’art et d’architecture. Mais non, ce que je veux y trouver, c’est avant tout la fraicheur et la quiétude des 13 hectares du jardin d’Isuien, du parc Tobihino et des premières collines du mont Wakasuka.

Depuis quelques jours, il fait une chaleur encore plus moite qu’à l’habitude sur le Kansai. Le ciel blanc n’est pas ici la promesse d’une pluie prochaine, mais plutôt le couvercle d’une marmite en dessous duquel la pression augmente chaque jour un peu plus.

Je ne me presse donc pas et j’arrive, comme toujours, par le train en début d’après-midi. C’est décidé, je passe sans trop regarder devant les temples et sanctuaires disséminés dans les parcs. « Akalimachita wakamaru nié tomimaska desu», cela ne veut rien dire, puisque je ne parle pas japonais, mais on pourrait l’interpréter comme ceci: « trop de temple, nuit au temple » et ces derniers jours, j’en ai vu beaucoup.

Tout au plus , je remarque ces groupes de touristes qui s’agglutinent, pour les nourrir, autour de groupes de daims vivant en liberté dans les sanctuaires. Ils achètent 150 Yens à de vieilles femmes, un paquet de galettes de riz qu’ils donnent ensuite aux animaux. A Nara, les daims sont particulièrement vénérés comme étant les messagers des Dieux.

J’avance dans le sous-bois, un peu au hasard, à la recherche d’un coin frais et tranquille où je pourrai m’allonger, écrire un peu et rêvasser tout à mon aise. Je trouve une petite source qui s’écoule en cascade dans un bassin entouré de mousse.

J’y suis installé depuis moins d’une demie-heure quand arrive une harde, qui veut certainement se rafraichir, au point d’eau, loin de l’agitation. En me voyant, les daims hésitent un petit moment à s’approcher de cet intrus qui n’est pas là où il devrait. Mais l’envie de l’eau et leur habitude de l’Homme les décide enfin. Nous profitons ensemble de cet endroit pendant un long moment.

Le jour décline déjà et à Nara, ce soir, on fête le Mantoro, la fête des 10000 lanternes en l’honneur des esprits des morts, nous sommes en pleine fête d’O-Bon. Partout des armées de bénévoles disposent de petites bougies selon un schéma bien précis. A la nuit tombée, ils les allument une à une et j’assiste à un spectacle si merveilleux, que ni les mots, ni les photos que je prends ne pourront le décrire. À perte de vue des petites lumières luisent dans la pénombre des bois et sur les pelouses, c’est un spectacle fabuleux. Il faut y assister pour en saisir toute la teneur; décidément, le Japon offre beaucoup.

 Laurent San , celui qui murmure à l’oreille des messagers.

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