Osaka

Le 13 août 2010

Aujourd’hui, ce n’est qu’un saut de quelques dizaines de kilomètres qui me fait aller de Kyoto à Osaka. Un adage populaire dit que si le Japon était un corps humain, Tokyo en serait la tête, Kyoto le cœur, et Osaka l’estomac. Et pour cause,  formule la plus souvent entendue dans la multitude d’izakayas (petits restaurants) de la ville est : « mange jusqu’à ce que tu tombes ».

Après avoir rapidement visité le château d’Osaka et le parc alentour, je vais vers les quartiers de Nanba et Dotonbori au sud de la ville.

Ils sont le point de rassemblement de tous ceux qui veulent faire la fête, manger et jouer dans les innombrables salles d’arcade vidéo et de pachinko tenus en sous-main par la Yakuza (la plus grande organisation criminelle du Japon).

Pour un Japonais, la cuisine est une affaire importante, mais pour un habitant d’Osaka, c’est une passion dévorante. Ici, on parle cuisine, on vit cuisine.

Comme à mon habitude, je délaisse les quartiers balisés et je m’engouffre dans un chemin de traverse. Bientôt, je suis un des rares étrangers dans la foule. Je m’arrête devant une échoppe de rue devant laquelle les locaux font la queue, c’est bon signe…

Ici, la « carte » n’est plus traduite en anglais, mais cela ne me pose pas de problème,  je sais ce que je suis venu goûter, et puis tous les gourmands du Monde parlent la même langue, celle du ventre.

Je commande des takoyakis. Ce sont des petites boules de pâte cuites à la minute, farcies de tentacules pieuvre, arrosés de sauce légèrement sucrée et parsemés de copeaux de bonite séchée. C’est un délice.

Ensuite, je décide de m’initier au pachinko, qui est de loin le jeu préféré au Japon. Un Japonais sur 4 y joue régulièrement. Sitôt la porte de la salle que j’ai choisie ouverte, un vacarme assourdissant me saisit. C’est un mélange de toutes les musiques différentes jouées par les centaines de machines, des sirènes de bonus et du tintement de dizaines de milliers de petites billes en acier qui tombent de partout. Je parviens avec difficulté à entendre l’explication des règles, toutes simples, qu’un l’assistant de jeu de la salle me hurle pourtant directement dans l’oreille.

Il s’agit de laisser tomber des billes le long d’un plateau vertical parsemé de clous, avec un peu de chance, les billes tombent dans un trou et déclenchent une sorte de Jackpot à trois roues. La seule action du joueur est de contrôler la vitesse d’éjection des billes. Certains y jouent jusqu’à une dizaine d’heures par jour, moi il m’a fallu dix minutes pour être reparti…

Le soir, je déguste un okonomyaki, une sorte de galette cuite devant soit sur une plaque chauffante et sur laquelle on pose absolument tout ce que l’on souhaite manger.

 Laurent San, celui qui de Bouddha à déjà le ventre bien rond.

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Takayama

Le 12 août 2010

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Kyoto côté jardins

Le 11 août 2010

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Le marché couvert de Nishiki

Le 10 août 2010

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Kyoto

Le 9 août 2010

Ce matin, je quitte Hakone et je retrouve à Odawara la ligne Shinkansen qui suit l’ancien chemin impérial du Tokaido (la route de la mer de l’Est) qui reliait jadis Tokyo et Kyoto.

Dans la gare, je trouve sans mal le quai 8 duquel doit partir à 8h48, le train IKARI 500 qui me déposera à Kyoto à 11 heures et quart.

Il est 8h42, quand il arrive en gare. J’y monte et je m’installe à la place que j’ai réservée. À 8H44 sur l’horloge du wagon, il démarre; je comprends immédiatement que je me suis trompé.

Il n’est pas possible qu’un train japonais parte 4 minutes avant l’heure prévue. Je n’exagère pas, quand une rame a une seule toute petite minute de retard sur l’horaire, elle est marquée Delayed en rouge sur tous les panneaux indicateurs. Un train au japon, ça démarre à la seconde juste, car aux heures de pointe, toutes les deux minutes, il y a un passage au même quai.

Mon voisin me dit que nous roulons vers Nagoya. Je descend à l’arrêt suivant, et je vais voir le chef de quai. Il m’indique que la correspondance suivante pour Kyoto est prévue pour 10 heures et que c’est un Limited Express. Autrement dit, au lieu de couvrir les 500 kilomètres en deux heures et demie comme prévu, je me suis retrouvé dans tortillard qui s’est arrêté dans toutes les gares du parcours, 28 arrêts au total en 5 heures et demie.

Il est 16h30 quand je sors de l’hôtel Sugicho, je visite le château Nijo et ses jardins merveilleux. J’oublie immédiatement mes déboires ferroviaires et j’entre de plain pied dans l’ambiance de l’époque impériale. Kyoto est la capitale historique et culturelle du Japon, la cité des temples et des jardins.

Je passe la soirée à flâner dans Gion Machi, le quartier des geishas et leurs apprenties les maikos. Ces femmes sont considérées comme des « monuments culturels vivants » par le gouvernement japonais. Elles sont éduquées très jeunes à tous les arts traditionnels, la musique, la danse, le chant, la poésie, l’art floral et la cérémonie du thé. J’aimerais bien les voir à l’œuvre, mais il est quasiment impossible pour un occidental d’être admis à une soirée traditionnelle dans une ochaya (maison de thé).

Laurent San, celui qui transforme deux minutes en cinq heures.

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Le mont Kami

Le 8 août 2010

Je me réveille, le temps de comprendre où je me trouve, je remarque un filet de lumière qui passe entre les rideaux, c’est le jour… Je regarde le réveil de voyage, il est 11 heures passées. J’ai donc dormi un peu plus de 20 heures, d’une traite, d’un sommeil sans rêve. Je sens que j’ai eu mon compte.

Aujourd’hui je veux visiter le Parc national d’Hakone, deux options s’offrent à moi. Soit je vais vers le lac Ashi pour essayer de voir le Fuji San, qui à vol d’oiseau est à moins de 40 km. Soit je vais dans le coin d’Owakudani, marcher sur les volcans, qui dorment d’un sommeil plus mouvementé que le mien.

Je choisis d’aller voir les volcans. Depuis que je suis au Japon, j’ai bien compris que toutes les jolies photos que l’on voit du mont Fuji sont prises en hiver, quand le temps est sec. En été, avec toute l’humidité qu’il y a dans l’atmosphère, il est inutile d’espérer photographier autre chose que les nuages. En plus, je le verrai de beaucoup plus près d’ici peu…

Je prends le premier train qui va à Gora, un village d’altitude qui sera le point de départ véritable de mon aventure d’une demi-journée.Sitôt sorti de la gare, il s’enfonce dans la végétation dense des forêts alentours. Au bout d’un moment, la pente est si forte qu’il ne peut plus faire de virages. Il avance donc pendant quelques centaines de mètres en ligne droite dans un sens, s’arrête un instant. L’aiguillage inversé, il repart un peu plus haut en sens inverse, dans un mouvement de balancier.

Arrivé à Gora, il faut emprunter le funiculaire jusqu’à Sounzan, puis, de là monter en téléphérique jusqu’à Owakudani.

Là, je me retrouve face à un spectacle dantesque. Je suis sur le flanc du volcan Kamiyama (la montagne des kamis, les esprits créateurs de l’Univers), d’où émanent de partout des fumerolles de gaz sulfureux qui proviennent directement des entrailles de la Terre.

Il y a 3000 ans, le volcan Kami entra dans une colère si violente, que la plus grande partie de la montagne explosa. L’éruption fut si dévastatrice que les japonais appelèrent cet endroit Oojigoku (l’Enfer).

Une foule fait la queue patiemment , pour se faire photographier devant une bouche d’où sort de la vapeur de soufre dans une odeur d’œuf pourri, à quelques dizaines de mètres du téléphérique. Tous s’écrient « utsukushi! » (quel paysage magnifique!), mangent des œufs durs à la coquille noircie par l’acide, cuits devant eux dans un bassin d’eau sulfurée bouillante, et repartent par là où ils sont venus.

Je n’ai pas fait tout ce chemin pour repartir si vite et je sais que pas loin de là, commence un chemin qui permet de gravir le volcan jusqu’à son sommet, perdu dans les brumes et la végétation luxuriante, quelques 750 mètres plus haut.

Après avoir lu les panneaux qui préviennent des risques, je m’engage dans le sentier qui serpente, dans un paysage martyrisé, entre les fumerolles acides. Plus je monte, plus la pente se fait plus raide et glissante. La forêt se densifie et souvent, je passe dans un sillon à peine perceptible, entre des sortes de feuilles de bambou. L’atmosphère chargée de vapeurs est de plus en plus moite, mes habits trempés me collent à la peau. Et ce bruit… un puissant mélange des grognements souterrains et du trille assourdissant et suraigu d’une sorte de gros grillon de 5 centimètres de long.

Plusieurs fois, je m’arrête pour reprendre mon souffle, j’ai envie de rebrousser chemin, mais le sommet n’est plus si loin, et puis, les sirènes et les avertisseurs lumineux qui émaillent mon parcours ne sont pas en alerte… alors je continue.

Enfin, après une heure et demie, j’arrive au bout. Il n’y a rien à voir que des nuages et des arbres qui entourent un petit hôtel dédié au Kami qui habite le volcan, mais je suis content, car le but est atteint.

Une heure plus tard,  j’arrive au téléphérique, et  je remarque aux regards un peu interloqués des gens que je dois être dans un drôle d’état.

De retour à l’hôtel, après une douche efficace et un onsen réparateur, je me rends compte que mes habits sont imprégnés de l’haleine du volcan.

 Laurent San, celui qui sent le soufre.

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Hakone Yumoto

Le 7 août 2010

Ce matin, c’est le chant des oiseaux qui me réveille. Je suis encore un peu fatigué, mais je me lève tout de même car j’ai envie de profiter encore un peu de Kamakura et de la vie dans la maison avant de repartir.

Personne n’est encore debout, je prépare donc mes affaires sans bruit, puis je fais un petit tour dehors. La journée promet d’être ensoleillée, tant mieux. Ça y est, on s’active dans la cuisine, je rentre pour voir la préparation du petit déjeuner. Ce sera du riz aromatisé aux herbes, une soupe au miso et du thé vert sencha.

Peu après, tout le monde arrive et s’installe autour de la cheminée. Le repas fini, juste le temps de prendre une photo, de dire au revoir et je m’en vais à regrets. La prochaine fois que je viendrai au Japon, je passerai beaucoup plus de temps ici.

Merci à toute la Kamakura Guesthouse Family pour son accueil.

Je ne veux pas prendre le temps tout de suite, en arrivant, j’ai repéré une petite boutique dans laquelle j’ai décidé d’acheter les souvenirs que j’offrirai à mes proches. Je n’en dirai pas plus pour le moment, car il semblerait qu’ils lisent ce que j’écris… Ensuite, je repasse par la plage qui n’est pas loin de la gare, pour un dernier petit bain de mer.

Je quitte le soleil pour les nuages de Hakone Yumoto. Le voyage n’a pas été très long, mais pourtant, il m’a fatigué. Le train était bondé de touristes japonais qui viennent prendre des bains dans les hôtels. J’ai du faire tout le trajet debout, coincé entre les gens et les bagages, dans un train sans climatisation. Chaque année, il en passe 13 millions par cette ligne.

Hakone Yumoto n’est pas une très belle ville, encore une fois je retrouve ce que j’avais vu à Nikko en pire. Les touristes ne s’en soucient pas, ils viennent dans les hôtels pour se reposer, prendre des bains à l’onsen (source chaude), jouer aux jeux vidéos dans le lobby. Ils ne sortent dans l’unique rue commerçante, que pour acheter les présents qu’ils sont obligés de rapporter à leur famille et même à leurs collègues de bureau (ce qui est quasiment la même chose au Japon).

L’hôtel ne paye pas de mine non plus, il est vieillot, les chambres sont petites et tout juste propres. Je suis un peu déçu, je m’attendais à quelque chose de mieux. Comme il n’y a rien à faire, je décide de me coucher et de dormir. J’ai besoin de prendre un peu de recul, de digérer toutes ces choses nouvelles que j’emmagasine depuis une semaine. Il me semble que cela fait un mois que je suis ici. Je ne trouve pas le temps long, j’aime de plus en plus ce pays, mais les bruits, les goûts, les odeurs les sons, tout est si différent de la France. J’ai un peu l’impression d’être un nouveau né qui ne sait ni lire, ni écrire, ni parler dans un monde qu’il ne connaît pas. Même si j’adore plonger dans l’inconnu, cela fait beaucoup de choses à assimiler en même temps, je dois me reposer…

 Laurent San, celui qui écrit en baillant.

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